vendredi 1 mai 2009

En pays Quichua

Me voici en Equateur toujours dans l'esprit de descendre cette fameuse route Panamericaine. J'ai fait un petit arret par Quito, la Capitale dont le seul veritable interet reside dans son vieux quartier colonial. Je commence (c'est dommage pour la ville) a saturer des quartiers coloniaux avec leurs eglises dont les interieurs sont plus charges en dorures les unes que les autres. Devant regler quelques papiers administratifs a l'Ambassade, j'ai eu un peu de temps pour visiter la fameuse "Mitad Del Mundo", le lieu touristique qui marque l'emplacement de la ligne de l'Equateur. J'etais persuade de passer par un attrape touriste classique mais j'ai ete tres agreablement surpris par l'endroit. On y apprend notamment des informations interessantes sur l'histoire de cette fameuse ligne et precisemment que c'est une expedition francaise commandee par Louis XV qui a permis de definir son trace par des methodes de triangulations assez precises. Les donnees modernes (GPS) ont decale l'emplacement exact de seulement une petite centaine de metres. Un grand parc a ete installe a l'endroit du site historique (ou la plupart des touristes viennent se faire photographier, je ne denigre pas, je m'integre dedans). A cote de ce grand parc se trouve un petit musee qui ne paye pas de mine et dont il faut connaitre l'existence et qui est interessant a double titre : on y apprend beaucoup de choses (un peu sensationnelles) sur la vie des tribus indiennes d'Equateur (Comment faire reduire correctement une tete humaine au court bouillon ? comment faire des brochettes de hamsters ?...). On peut aussi confirmer, grace a des petites experiences interactives, certaines lois physiques et notamment la fameuse loi de Coriolis qui veut que les fluides tournent en sens inverse dans les 2 hemispheres. Une petite experience toute simple demontre cette loi : Il suffit de vidanger un evier sur la ligne de l'Equateur, l'eau coule verticalement. Si on deplace le recipient de 2 metres vers le sud ou le nord, l'eau s'ecoule en tournant dans le sens defini par ce bon vieux professeur Coriolis (Pour ceux qui doutent, j'ai fait les films).
De meme, pour obtenir l'heure au niveau de l'Equateur, on peut construire un cadran solaire tout simple sans se soucier de l'angle d'inclinaison. Il suffit de placer le cadran verticalement le long de la ligne en inscrivant les heures de part et d'autres, le soleil eclairant alternativement sur 1 des 2 faces en fonction des saisons.


Je tiens a remercier le Lonely Planet, le seul guide que j'ai reussi a trouver a Quito, qui m'a donne l'info de ce petit musee tres interessant. A ce propos, je tiens a revoir publiquement mon avis a l'egard des guides touristiques. Ayant personnellement oscille d'avis entre un reel degout au Costa Rica et un besoin evident en Colombie, je m'accorde a dire que c'est un outil indispensable pour ne pas passer a cote des bonnes choses. On est evidemment pas force de suivre toutes les indications (je le laisse souvent dans ma poche pour me laisser aller a l'aventure)mais c'est plutot agreable d'etre au courant. Les autochtones sont souvent loins de vous donner l'info et vous les informez parfois sur des evenements ou des lieux dont ils ignorent l'existence.

Pour en revenir a la suite de mon periple, je suis parti vers le sud vers Latacunga ou je suis arrive de nuit (comme souvent desormais) et j'ai trouve un petit hotel de passe qui pourrait bien rentrer dans le classement des pioles les plus pourries de mon voyage. Les murs etaient macules de taches dont je n'osais meme pas soupsonner l'origine. Le lendemain matin ,j'ai pris le bus pour aller visiter le marche de Saquilisi ou je me suis regale. La, j'ai vraiment eu l'impression d'etre entre au coeur des Andes. Le vrai marche andin avec ses couleurs chatoyantes, ses odeurs souvent agressives et son dialecte : le Quichua (Quechua au Perou).

J'ai ensuite poursuivi la route vers le petit village de Zumbahua (perche sur les hauteurs a 3800m). La, j'ai assiste a un truc hallucinant type "Western "qu'il faut que je vous raconte. J'etais tranquillement en train de me remettre du froid humide incroyable de ces montagnes dans ma piole lorsque j'ai entendu des cris stridents venant de la rue. 2 bonnes femmes hysteriques "se crepaient le chignon" (c'est le cas de le dire) dans la rue ameutant une bonne partie du bourg. De la, des hommes apparemment un peu emeches sortaient du seul "saloon" en titubant et la rue s'est transformee en lieu de reglement de compte. Les coups de poings fusaient de toutes parts et on ne savaient plus qui attaquaient et qui s'interposaient. L'alcool devait encourager cette reunion populaire. Au bout d'une demi heure, la police a fait une courte apparition et s'est eclipsee sans que ca change grand chose a la situation. Ca a bien dure 2 heures et ca a finit en pugilat collectif a coup de balais sur les cranes. Vu l'ambiance, j'ai, comme qui dirait, garde la chambre et reporte ma visite du village au lendemain...



lundi 27 avril 2009

Cali, la cuidad muy caliente !!!

Cali, derniere grande ville de mon periple en Colombie, m'a reserve de belles surprises. J'y ai ainsi passe pres d'une semaine dans le super hostel "Tostaky" que je recommande vivement a tous. Idealement situe dans le quartier colonial de San Antonio, il est tenu par un couple charmant (Vintz et Claudia) qui saura vous accueillir et vous conseiller. Je tiens encore a les remercier pour leur accueil !
Pour ce qui est des soirees, les endroits sont legions mais le "Tin Tin Deo" est sans conteste le haut lieu pour danser la salsa. L'endroit est magique. J'y ai tente quelques pas de danse dirige et conseille par la charmante Lisa mais il me semble que toute la salle m'a reperee comme le touriste de passage.

J'ai decide, ensuite, de descendre vers l'Equateur mais en utilisant un bus de jour. J'en avais marre de ne pas voir les paysages en bus de nuit. Certes, ca permet d'economiser une nuit d'hotel mais on ne voit rien des pays que l'on traverse. J'ai donc pu apprecier les superbes vallees verdoyantes du Sud de la Colombie. Le seul soucis, c'est que le bus a pris du retard et que je me suis retrouve a 3 heures du matin dans la petite ville d'Ipiales sans trop savoir si je pouvais trouver ou loger. Je me suis donc retrouve dans un petit hotel que je classerai sans doute au palmares des hotels les plus insalubres que j'ai eu le loisir de connaitre. C'etait un veritable festival des Sens cette piole, mais comment etre difficile a une telle heure.

J'ai voulu m'arreter dans cette ville frontiere pour visiter le superbe sanctuaire de Las Lajas. J'ai eu la chance d'y arriver un dimanche et d'assister a un pelerinage tres populaire. C'est etonnant de voir la ferveur des gens en Colombie comme dans tous les autres pays traverses. Je le savais deja mais ca se confirme dans beaucoup d'occasions de la vie. Ainsi, placez vous devant une eglise et comptez le nombre de passants qui se signent en passant devant. Impressionnant ! De meme, dans le bus, les vendeurs de babioles lithurgiques font souvent un carton : images de la vierge, bracelets ...
Je termine mon propos sur les transports publics avec 2 choses qui m'ont marquees dernierement.
La premiere est la facilite avec laquelle les conducteurs sont capables de cumuler plusieurs taches en meme temps. Ainsi, j'ai croise un conducteur de minibus qui etait capable, en meme temps qu'il slalommait en ville dans le traffic chaotique, de gerer le rendu de la monnaie aux clients, de calculer le montant du trajet pour chaque passager, d'observer les pietons succeptibles d'etre clients en klaxonnant judicieusement et cerise sur le gateau : de passer des SMS en changeant de vitesse. Quand on dit que les hommes ont du mal a faire plusieurs taches au meme instant ...
La seconde a rapport avec les techniques de depassement sur les routes. La technique est simple, il s'agit d'etre plus fort mentalement que le conducteur qui arrive en sens contraire et de se faire voir suffisamment clairement. Ca ne les derange ainsi pas de doubler des semi remorques en pleine route de montagne dans des virages ou la visibilite est quasi nulle. De nuit, c'est plus simple car ils declenchent des sortes de flashes ultra puissants qui annoncent leur arrivee. Le jour, par contre, c'est un peu au petit bonheur la chance et ca passe... quelquefois avec de bonnes sueurs froides (pour moi).

Fin de mon voyage en Colombie. J'y ai passe un petit mois mais je me promets d'y revenir.
Je suis arrive hier soir a Quito en Equateur et j'ai vraiment pu noter le changement de vegetation avec la Colombie. Ca commence a devenir reellement aride et serieusement montagneux. Je m'en vais prendre des infos pour voir ce qu'il y a a faire dans ce pays...