samedi 20 juin 2009

L’enfer sur Terre existe a Potosi

Apres ces quelques jours de froid intense sur le Salar, je decidai d’aller me rechauffer les orteils dans la ville de Sucre. Je ne sais pas pourquoi mais le nom m’inspirait. Il n’y a evidemment pas de rapport avec l'aliment dont je suis definitivement accro mais avec le fameux general, compagnon de lutte de Simon Bolivar, " El Libertador". Neanmoins, c’est bien la premiere ville ou je trouvais du chocolat a peu pres mangeable…

J’avais eu des echos d’un marche traditionnel a quelques kilometers de Sucre qui avait lieu le dimanche. Je sautais donc sur l’occasion pour aller visiter le village de Tarabuco. Quel bonheur ! Depaysement assure ! Certes, il y a bien un secteur un peu touristique mais si on s’en ecarte un peu, on decouvre un autre monde. On a l’impression que rien n'a change ici depuis des millenaires. Leurs vetements sont absolument etonnants de couleur et de finesse. Ils marquent l’appartenance a la communaute. Ce monde semble fonctionner en autarcie. Certes, on peut trouver quelques produits modernes mais le plus souvent ce sont des marchandises de leur fabrication (cordages en cuir de lamas, cigarettes artisanales…). Peut etre est ce une grosse entreprise touristique bien huilee mais si c’est le cas, c’est parfaitement orchestre. A la fin de la journee, les paysans repartent dans des camions a bestiaux. Ils s’entassent ainsi avec leurs marchandises pour rejoindre leurs villages respectifs. C'est assuremment a ne pas louper si vous etes du cote de Sucre ! J'en profite pour remercier Kathy de ses conseils.


Le lendemain, je profitais de mon sejour a Sucre pour faire la visite du tres interessant musee d’Art Indigene. Ce lieu est avant tout dedie a presenter l'histoire du textile dans la region mais surtout de sauvegarder les techniques de fabrication des tissus. Ce sont des techniques ancestrales qui ont failli disparaitre (Sacree mondialisation !). Une association s’est donc creee pour maintenir ce savoir-faire unique. Et c'est tant mieux car on peut toujours admirer avec quelle dexterite les femmes tissent ces merveilles. Rythme de travail : 2 cm par jour pour une piece d'environ 1.2 m de large !

Sur les conseils de nombreuses personnes du coin, j'allais visiter ensuite le Parc Cretacico dans les faubourgs de Sucre. Un tour organise partait du centre ville a bord d'un camion arborant une tete monstrueuse de dinosaure. Ayant toujours un peu d'amour propre, je me refusais a prendre ce moyen de transport et tentais un autre moyen. Autant dire que ce fut un peu plus long et plus fastidieux. L'entree du parc n'etant pas correctement indique, j'y accedai en franchissant illegalement la barriere et je pus profiter d'un spectacle auquel peu de touristes assistent : Je me trouvai au pied d'une paroi rocheuse de pres de 200 m de haut sur laquelle etaient incrustees des empruntes de dinosaures datant de la periode du Cretace. Les animaux avaient donc laisse des traces sur un lac asseche et suite a des mouvements techtoniques de la croute terrestre, cette etendue horizontale s'est retrouvee verticale. Etonnant, non !!!

Mon periple dans le sud de la Bolivie devait faire etape par Potosi. J'avais lu l'histoire etonnante de cette ville unique qui marqua l'histoire moderne. Elle fut batie au pied d'une montagne (le "Cerro Rico") qui devint le plus grand gisement d'argent de l'histoire de l'humanite. Elle fut, au 18eme siecle, la plus grande ville d'Amerique. L'Argent extrait de ses mines permit a l'Espagne et a l'Europe toute entiere de prosperer au cours du 19eme siecle et fut le detonateur de la naissance du Capitalisme. La quantite d'Argent extraite fut telle qu'il est dit qu'on eut pu construire un pont a 2 voies en Argent massif entre Potosi et Madrid et cerains de rajouter : "Et un autre pont avec tous les os des millions d'indiens (et d'esclaves noirs) sacrifies lors de l'exploitation de cette mine."

Lors de mon arrivee dans la ville, je fus pris par le mal de l'altitude. C'est, en effet, la ville la plus haute du monde a plus de 4000 m, le sommet du Cerro Rico avoisinant l'altitude du Mont Blanc. Je fus ensuite impressionne par cette montagne de couleur rougeatre rongee de toutes parts (plus de 10 000 galeries) qui domine la cite. Il est etonnant de penser que c'est l'unique montagne de la region riche de divers metaux. Le sommet de la montagne (constitue presque uniquement d'Argent pur) a ete tellement surexploite par les espagnols que la montagne s'est affaissee. Aujourd'hui, les mineurs n'en retirent que les restes.


Je decidai donc de visiter les mines actuelles. Ce fut, je dois l'avouer, une des experiences les plus traumatisantes de mon voyage. Il existe des conditions de travail et de vie dignes de celles des mineurs du 19eme siecle en Europe (voire pires). C'est le "Germinal" d'aujourd'hui. Les galeries sont minuscules et peu boisees (armatures de bois servant a proteger des eboulements). Les wagoons cheminent sur des rails en bois qui doivent etre regulierement remplaces a cause de l'humidite du lieu. Les mineurs s'ereintent a pousser manuellement leurs wagoons dans des conditions epouvantables de travail (chaleur suffocante, air sature de poussiere...). Ils n'ont pour resister a ces rythmes de travail infernaux que l'aide de la coca qui les aident a tenir. Les cadences sont de 8 heures minimum par jour et de 6 jours par semaine. Ils peuvent faire plus s'ils le veulent car les mines sont organisees en cooperatives privees depuis que l'Etat s'est desengage du site pour cause de manque de rendement. Leur salaire quotidien s'eleve entre 6 et 8 euros. Leur esperance de vie est fortement reduite. Beaucoup meurent precosement de maladies respiratoires. De plus, les statistiques font etat d'une cinquantaine de morts par an par accident. Il faut dire que la montagne est un veritable gruyere et que les eboulements sont frequents. Il n'y a pas de contremaitres ou d'ingenieurs qui indiquent les chemins a suivre. Les mineurs les plus anciens guident les recherches. Des qu'ils trouvent un filon, ils le suivent a coup d'explosifs sans se soucier de la topographie du lieu. A propos d'explosif, on peut facilement acheter des batons de TNT au marche des mineurs pour 1,50 euros.

Je visitai ensuite la Casa de la Moneda ou furent frappees les monnaies en Bolivie jusqu'a peu. Depuis lors, les billets sont imprimes en France et les pieces en Espagne. C'est etonnant de voir qu'aujourd'hui la Bolivie payent pour obtenir sa monnaie. Je remercie La charmante Susana de m'avoir accompagne durant ces quelques jours.

PS : Double Bonus :


Cul sec de rhum a 96° (Rhum des mineurs)



2 en 1 : Prendre sa douche en faisant sa commission.
Quel gain de temps !

jeudi 18 juin 2009

Merci de votre aide...

Suite a mon passage d'hier a l'emission d'Eric Lange, vous pouvez laisser vos commentaires eclaires aux questions suivantes :

"Est-il possible de descendre en bateau stop du Perou vers le Bresil ? Combien de temps dure le trajet approximativement ? Combien ca peut couter ?

"Est ce possible a partir de Puerto Maldonado pres de Cuzco ?

"A partir de Manaus, comment rejoindre Cayenne ?

" Si galere de temps, connaissez le moyen de rejoindre le Perou a la Guyane à avion ? Quelles peuvent etre les compagnies aeriennes ?

Merci d'avance pour votre aide precieuse.

Jean Yves