mercredi 22 juillet 2009

Couchsurfing en Guyane

J'ai donc réussi à fuir l'île de Trinidad par l'avion du lendemain direction Paramaribo, Surinam. Et là, je n'étais pas à la fin de mes surprises. Je découvrais l'aéroport et la ville de "Parbo" de nuit. Tout au long de mon voyage, j'avais pris l'habitude d'arriver de nuit dans une ville et de négocier les prix et le service. Là, à la sortie de l'avion, pas moyen de négocier dans la mesure où les taxis étaient presque plus nombreux que les passagers. A l'arrivée en centre ville, peu d'hotels ouverts et les prix frolaient l'indescence. Au final, en 3 jours, j'ai dormi en moyenne 3 heures par nuit. J'ai atteint un niveau de fatigue rarement égalé. Pour corser le tout, j'ai tenté de prendre les bus collectifs pour rejoindre la frontière. De nombreux taxis me proposaient de faire le voyage en 2 heures pour 40 dollars. Après 5 mois d'Amérique du Sud, difficile d'accepter de payer autant. Je me tapais donc 3h 30 de bus bondé pour rejoindre Albina, village frontière sur la rive surinamienne du fleuve Maroni. Et dans quelles conditions : routes défoncées suite aux années de guerre civile, arrêts fréquents (pause déjeuné, marché aux légumes...), entassement des bagages à l'intérieur du mini bus, manque de suspension du véhicule... et par chance assis sur un strapontin donc dans l'impossibilité de dormir.

Après la traversée du Maroni, j'arrivais enfin à St Laurent du Maroni et je contactais aussitôt Chérifa, une couchsurfeuse, qui m'accueillait gentillement chez elle. J'ai donc passé 3 jours délicieux en sa compagnie et celles de ses amis. En peu de temps et à leur contact, j'ai beaucoup appris sur la vie au long du fleuve. On a fait aussi quelques ballades et notamment vers l'embouchure du Maroni. Je retrouvais enfin les eaux chaudes (mais boueuses) de la mer. Je tiens encore à la remercier pour son accueil très chaleureux.

Je décidais ensuite de rejoindre Cayenne en stop, n'arrivant toujours pas à m'habituer aux tarifs proposés par les compagnies de bus. Je profitais de la gentilesse d'un automobiliste pour entamer une partie du trajet lorsque, en plein virage, un pneu explosa nous envoyant presque dans la forêt. Sa roue de secours étant presque à plat, je me proposais de le laisser rentrer avec le moins de charge possible. Je me retrouvais donc sur le bord de la route, en pleine forêt, en plein soleil et sans trop d'eau pour faire du stop. La fréquence des passages étant en moyenne d'une voiture toutes les 10 minutes, je poireautais 2h30 me voyant déjà finissant mes jours sur le bord d'une route de Guyane. Je commençais à désespérer lorsque je voyais les quelques voitures accelérer lorsqu'elles me voyaient. J'ai appris plus tard que cette route faisait l'objet d'actes fréquents de piraterie. L'histoire s'est bien terminée grâce au concours de Carl avec lequel j'ai bien sympathisé et qui m'a fait faire la visite de Kourou et de Cayenne.


Arrivé sur Cayenne, j'ai contacté Marie, une sympathique couchsurfeuse, qui m'a hébergé la fin de mon séjour. En plus de m'accueillir chez elle, elle m'a fait découvrir la région et m'a invité dans ses soirées. J'ai découvert, grâce à elle et à David son copain, Cayenne comme je ne l'aurais jamais imaginé. Elle a ainsi emprunté un kayak à un ami et nous sommes partis découvrir les marais du lac Pali. Une jounée à pagayer au milieu de la végétation tropicale à la recherche de caïmans. Expérience unique ! Le lendemain, nous avons participé à une grande "chasse au trésor" dans les rues de Cayenne organisée par des amis à elle. J'ai, grâce à ça, pu découvrir Cayenne d'une manière très originale. J'en profite encore pour les remercier de leur accueil formidable.

La Guyane est aussi un lieu privilégié pour assister à la ponte de tortues marines. Etant hébergé tout près d'une plage, je me levais régulièrement tôt pour profiter de ce spectacle et plus particulièrement à la naissance des petits. Quel émerveillement de voir des tortues luths en miniature lutter pour atteindre la mer. Je ne m'en lassais pas et j'étais capable de rester des heures à admirer ce spectacle singulier.

J'arrive donc au terme de ce voyage de 5 mois. Que d'images, que d'odeurs, que de souvenirs, que de rencontres ! Je sens que j'y ai grandi. Ce continent m'a marqué. L'Amérique du Sud m'appelle à nouveau et je dois y retourner bientôt. Je ressens ça comme une obligation.