mardi 11 mai 2010

Le Nord du Chili, un territoire tant convoité !


Le Nord du Chili est un immense désert, un des plus arides du monde. Certaines années, il n'y tombe pas une goutte de pluie. Les paysages sont lunaires. Ca n'est qu'immensité de rocailles, de pierres et de sable à perte de vue. On y croise quelquefois des oasis de verdure mais il arrive de ne rencontrer aucune végétation durant des dizaines de kilomètres. Ce territoire de désolation attire pourtant, depuis plus d'un siècle, toutes les convoitises. Les trois pays limitrophes se sont battus pour l'avoir. C'est au cours de la Guerre du Pacifique (1879-1884) que le Chili a mis la main sur la région au grand dam du Pérou et de la Bolivie (qui perdait ainsi son unique accès à l'Océan). C'est encore aujourd'hui, un réel sujet de discorde entre les 3 pays (litige qui se règle d'ailleurs en ce moment au Tribunal International de La Haye). Ce qui justifie cette convoitise est le fait que la région recèle une incroyable richesse minière. Après le boom du salpètre à la fin du 19ème siècle, le cuivre représente aujourd'hui une manne pour le pays. C'est un des premiers producteurs au monde. On peut comprendre qu'il n'ait pas vraiment envie de partager le gâteau avec les voisins. Chaque année, les chiliens mettent autant d'énergie à fêter la victoire (bataille valeureuse du héros Arturo Pratt à bord de sa frégate "Esmeralda") que les autres mettent à la déplorer.

Après cette petite minute culturelle, retour sur ces 2 belles semaines de voyage. Tout d'abord, je retrouvais le Volcan Licancabur, le point le plus austral de mon précédent voyage en Bolivie mais cette fois-ci du côté Chilien. J'en profitais pour me poser quelques jours dans le village de San Pedro de Atacama. Le prix des excursions et le côté ultra touristique du lieu me dissuadaient de rester trop longtemps. Lorsqu'on a fait le Salar de Uyuni en Bolivie, tous les tours proposés semblent beaucoup moins exitants. Je me suis tout de même tenté un tour vers la Laguna Cejar, une sorte de "Mer Morte" en miniature. L'expérience de se baigner et de se sentir comme en lévitation est unique et vaut définivement le détour. Pour le reste, à voir les images des agences, il me semble que l'option d'un tour du Sud Lipez en Bolivie s'avère plus judicieuse tant au niveau des prix pratiqués que des paysages rencontrés.

Je décidais ensuite d'aller visiter les fameuses mines de cuivre de Chuquicamata près de Calama. Considérées il y a peu comme les plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert du monde, elles forment une sorte d'énorme trou béant de plus de 900 m de profondeur. Des camions grands comme des immeubles en remontent le minerai. Toute cette activité produit une poussière et une pollution telles que le village de mineurs de Chuquicamata a été déserté de ses habitants au profit de la ville de Calama à 15 kms de là. Je dois avouer que j'ai lutté contre les lourdeurs de l'administration minière pour pouvoir les visiter mais j'ai finalement renoncé. J'aurais pu mais l'idée de passer plus d'un jour à Calama me rebutait tant la ville peut concourir (avec Oruro en Bolivie) pour décrocher la palme de la ville la plus hideuse d'Amérique du Sud. L'image du centre du cratère est tirée d'internet.

De là, je décidais de rejoindre la ville d'Iquique, célèbre pour ses spots de surf et de parapente de niveau international. Dans le bus, je croisais un type surprenant au nom non moins surprenant : "Victor Hugo". Un vrai personnage... Il parlait un français excellent et m'expliquait qu'il était guide sur Atacama après avoir été architecte et prof de philo. Il m'invitait à dormir chez lui à Iquique. Après un petit instant de doute, j'acceptai et je fus reçu comme un prince. Il me fit visiter sa ville et me fit connaître des endroits surprenants. Je tiens à l'en remercier une nouvelle fois...

L'accueil des chiliens n'est pas un mythe et je pouvais m'en apercevoir une nouvelle fois avec la charmante Maria Loreto. Je faisais sa connaissance grâce au site de Couchsurfing. Elle me fit connaître les meilleurs lieux de la ville (et notamment ses restos de fruits de mer) et de ses environs. Le site le plus marquant a surement été, pour moi, la ville "fantôme" d'Humberstone. Profitant du boom du salpêtre à la fin du 19ème siècle, Humberstone poussa au milieu du désert d'Atacama. L'invention d'un produit de synthèse équivalent dans les années 30 anéantit l'activité et la ville fut désertée. Elle fut quelque temps abandonnée et quelques travaux de réhabilitation permettent, aujourd'hui, de la visiter et d'admirer les vestiges de cette splendeur passée. Ainsi, au début du 20ème siècle, les plus grands artistes se produisaient dans le théâtre de la ville avant de se produire à Santiago. Le terme de "ville fantôme" prend tout son sens lorsqu'on se ballade dans ce site. Le vent du désert fait trembler les tôles des hangars et le frisson vous prend ! Le site est également un des symboles de la lutte ouvrière dont beaucoup d'ouvriers périrent lors du massacre de 1907 (voir l'excellent article du Monde Diplo concernant cet évènement social oublié : http://www.monde-diplomatique.fr/2007/12/GREZ_TOSO/15386).

Pour passer du coq à l'âne, je dois préciser que j'ai enfin ressenti un vrai Tremblement de terre. Précédemment, je suis toujours allègrement passé à côté (soit dans l'eau, soit en voiture, soit en voyage...). Là, j'étais au 6ème étage d'un immeuble d'Iquique et ça a bien duré 15 bonnes secondes. C'était apparemment 6 sur l'échelle de Richter. C'était énorme ! Ils nomment ça un "temblor" (un petit tremblement) contrairement au "Terremoto" du mois de Février dernier. Ils vivent ça très régulièrement et sont tellement habitués qu'ils en ont à peine parlé le lendemain. Ce que les gens redoutent le plus sont les tsunamis. La ville est parsemée de panneaux indiquant les zones d'évacuation ou de sécurité. Chaque habitant connaît sa zone de regroupement et quoi faire en càs d'alerte !

Pour finir mon exploration des spots de surfs, je suis logiquement passé par la ville d'Arica à l'extrême nord du Chili dans la XVème région. Internationalement connue pour ses tubes de légende, elle ne m'a pas offert ce jour là les conditions de rêve qu'elle réserve si souvent. La mer est parfois capricieuse ! Elle ne paie rien pour attendre. Pour sûr, j'y reviendrai...

Pour le moment, je me pose quelques semaines dans la ville de Cochabamba en Bolivie pour effectuer un stage de parapente et me reposer quelque peu de ce périple éreintant. Hasta la vista !!!

3 commentaires:

Anonyme a dit…

tu nous mets l eau a la bouche d autant plus que tu nous a frustres ces dernieres semaines !!!!
ou etais tu ?
poursuis vite!!
Mam

Unknown a dit…

On pourrait presque croire que t'aies perdu des kilos en te voyant flotter sur la mer comme un canard !
ciao

Fred d'chnord a dit…

Salut JY,

Encore plein d'idées de voyages.
Le dépaysement semble toujours assuré en te lisant. Ton périple est toujours aussi intéressant et plein de bon plan et chacun pourra y trouver un intérêt car tu ne te limites jamais au seul esprit "baroudeur".
En tout cas ce coin de notre planète (insolite) attise nos convoitises.
Encore bravo