Petit retour en arrière sur mon début de voyage en Patagonie. J'ai donc
décidé de prendre l'avion de Buenos Aires pour rejoindre Ushuaia, la ville la plus australe du monde qu'ils nomment ici : "Fin del Mundo". Bande de nihilistes ! La sortie de l'aéroport, après 3h de vol, m'a soudainement fait prendre conscience de la réalité du climat en Terre de Feu. Nous étions à la fin de l'été et pourtant un vent violent et glacial balayait la ville. Après quelques années de Martinique, je me sentais un peu fébrile notamment en pensant au peu de matériel hivernal dont je disposais. Tous les touristes sont extrêmement bien préparés en général d'autant que beaucoup sont prêts pour la traversée vers l'Antarctique. En effet, Ushuaia est le port de départ le plus proche pour toute expédition vers le continent glacé. Je me suis renseigné sur les prix et il faut compter au minimum 3300 dollars pour un périple de 10 jours avec les phoques et les icebergs. Malgré les prix exhorbitants, plus de 45000 touristes se payent ce luxe chaque année.
Le jour de mon arrivée était un jour exceptionnel pour la ville non seulement par le fait de ma
présence (n'en jetez plus...) mais aussi l'évènement de l'arrivée de l'Armada des Clippers du Bicentenaire de l'Indépendance du pays. Ainsi, ce jour-là, tous les habitants étaient de sortie pour admirer ces fameux 3 mâts majestueux entrer dans la baie de la ville. J'en ai profité exceptionnellement pour prendre un tour de bateau pour les admirer de plus près. Quelle chance ! Après quelques jours au Bout du Monde, j'ai mis les voiles pour El Calafate. Je n'ai pas osé le
Stop vu la force du vent et les prévisions incertaines de la météo. A postériori, c'est sans regret. Le voyage en bus m'a permis de bien profité des paysages désolés de la Terre de Feu avec cette lumière si particulière des Terres Australes. Je me suis rappelé des passages du livre de Stefen Sweig ("Magellan") relatant le désespoir des marins attendant le probable passage vers un autre océan promis par leur Amiral. La traversée du Détroit portant le nom du célébre personnage m'a rappelé des passages émouvants du livre.
J'ai décidé ensuite de suivre l'avis des quelques routards présents dans le bus : Direction El Calafate pour aller admirer le fameux
"Glacier Perito Moreno". Village ultra touristique perdu au fond d'une vallée, El Calafate s'est construit récemment autour de la réputation du glacier. Je suis resté perplexe en voyant les tarifs excessifs en ville mais, au final, le détour en vaut carément la peine. Le spectacle de ce glacier monumental qui descend de la vallée pour se jeter dans un lac est époustouflant : la lumière de la glace varie du blanc au bleu électrique, des pans entiers de glace se décrochent régulièrement du glacier provoquant des explosions incroyables amplifiées par l'écho dû à la configuration du lieu.
Dernier lieu incontournable du sud de la Patagonie, El Chaltèn est un village non loin d'El Calafate (non loin sur la carte mais 3h de bus tout de même) réputé pour son Parc National. C'est le village d'accès pour les ascensions du
fameux "Fitz Roy"et du "Cerro Torre". J'ai découvert ici la réputation de ces 2 montagnes qui sont pour les alpinistes ce qu'est le Cap Horn pour les Marins. Des mythes ! Elles ne sont pas forcément très élevées (un peu plus de 3000m) mais leur configuration (aiguilles rocheuses acérées) et leur situation géographique alliée aux vents extrêmement violents de la région en font des monstres de difficulté. Certaines expéditions attendent parfois des mois entiers avant d'avoir une "fenêtre" pour les gravir. Par chance, le jour de notre arrivée, nous étions dans une de ces rares "fenêtres" météo. Le lendemain, j'ai connu les vents les plus violents que j'ai jamais ressenti (avis de windsurfeur et de skieur auvergnat).
fameux "Fitz Roy"et du "Cerro Torre". J'ai découvert ici la réputation de ces 2 montagnes qui sont pour les alpinistes ce qu'est le Cap Horn pour les Marins. Des mythes ! Elles ne sont pas forcément très élevées (un peu plus de 3000m) mais leur configuration (aiguilles rocheuses acérées) et leur situation géographique alliée aux vents extrêmement violents de la région en font des monstres de difficulté. Certaines expéditions attendent parfois des mois entiers avant d'avoir une "fenêtre" pour les gravir. Par chance, le jour de notre arrivée, nous étions dans une de ces rares "fenêtres" météo. Le lendemain, j'ai connu les vents les plus violents que j'ai jamais ressenti (avis de windsurfeur et de skieur auvergnat).