mardi 30 mars 2010

Petit détour par la Carretera Australe Chilienne

Je me suis donc levé tôt pour avoir une chance d'être pris en stop en plein milieu de la pampa argentine. Je ne me voyais pas vraiment passer plusieurs jours dans le bled de Perito Moreno. Je me retrouvais donc à la sortie de la ville dans l'idée de rallier la ville de Bariloche au plus vite. Le soucis c'était de trouver quelqu'un qui puisse me faire faire plus de 500 kms en une journée. Ca semblait improbable mais je l'avais bien fait la veille alors pourquoi pas 2 fois d'affilée... Le temps défilait rapidement et les seuls véhicules qui passaient restaient dans le secteur. Mes chances de sortir de la ville s'amenuisaient. Par miracle, un type s'est arrêté qui allait vers le Chili. Il fallait prende une décision rapide. Mon voyage allait donc prendre une direction inédite : Remonter la Cordillère par le Chili. Ca tombait assez bien car la veille le couple de Suisse m'avait offert un guide du Chili. C'était sans doute un signe...

Me voici donc parti vers la "fameuse" Carretera Australe Chilienne après avoir traversé le magnifique lac Buenos Aires à partir de Chile Chico. Là, direction Coyhaique, capitale de la région. Après la Patagonie Argentine et ses étendues planes à perte de vue, le décor change : petites routes de montagne, les ruisseaux aux eaux cristallines... Les vents d'Ouest (du Pacifique) poussent les nuages qui viennent se bloquer sur la Cordillère et y déverser leurs eaux. C'est le même phénomène qu'en Martinique (à plus grande échelle) : le côté de l'île au vent est très vert car souvent arrosé contrairement aux côtes sous le vent, assez arides. Le contraste est surprenant : on passe ainsi de paysages arides type Sahel Maroccain à un décor d'Alpes Suisses en quelques kilomètres.

La Carretera Australe Chilienne est la dernière route avant le Grand Sud. Ce n'est plus la belle Panaméricaine. Celle-ci n'oserait pas s'aventurer pas dans de telles contrées aussi reculées. Ici, c'est de la piste, caillouteuse, défoncée. Elle se mérite ! C'est le pays des gauchos chiliens les plus rudes. Le Général Pinochet l'avait voulu pour désenclaver le Sud (photo de droite : Monument à sa gloire). Tout dictateur a ses grands travaux ! Elle s'arrête bloquée par la région des grands glaciers et des fjords du Sud de la Patagonie. Pour atteindre Puntas Arenas dans l'extrême sud, c'est soit l'avion soit la route par l'Argentine voisine. Rares sont les véhicules qui s'y engagent (notamment en cette saison). Y faire du Stop était une vraie gageure !

Les paysages de montagne sont tout simplement féériques. De nombreux cours d'eau jalonnent le parcours. On peut parfois admirer, d'un même point de vue, un glacier dont les rivières turquoises se déversent dans les grands fjords. Il n'est pas rare de voir dans les cours d'eau de belles truites et des saumons. Un chic type s'est même arrêté près d'un pont pour me montrer des monstres. Des saumons de près d'un mètre de long reprenaient leur force pour passer une cascade. J'aurais rêvé avoir un masque et un harpon... Les chasseurs apnéistes de Martinique pourront me comprendre...

J'en ai profité pour ramener une bonne grippe de la région. Il faut dire que les habitations dans cette région sont assez sommaires malgré les conditions météo assez rudes. Ce sont souvent des planches d'agglomérés simplement clouées entre elles qui font les murs et des toles en guise de toit. Un foyer au centre de la maison et les chambres à l'étage pour profiter de la chaleur. Le plus difficile était le réveil glacial du petit matin. C'est une vraie vie à la rude, à l'ancienne...

Me voici enfin à Bariloche après quelques heures passées sur des bords de route peu fréquentés. à me geler les bouts de doigts voire plus. Je me rappelerai longtemps du bled de Corcovado, trou du ...

Nombreuses photos disponibles à présent en lien sur Picasa.